10 jours après le séisme en Equateur, « la peur reste »

Dix jours après le tremblement de terre qui a frappé l’Equateur, les populations tentent de s’organiser mais la situation est toujours très précaire. Les équatoriens se pressent dans les centres d’accueil où l’aide est distribuée. De nombreuses familles dorment encore dans la rue par crainte de nouvelles répliques. « Les gens sont traumatisés. Chaque jour, il y a des répliques, et même si elles sont moins intenses, la peur reste » déclare Maximiliano Verdinelli, responsable de l’équipe sécurité alimentaire du pôle urgence d’Action contre la faim en Equateur. Juliana Ruiz, responsable de la base de Pasto en Colombie, confirme : « la peur persiste. Les gens qui habitent près de la mer ont peur de rentrer chez eux. Ils préfèrent dormir sur la route et à même le sol ». Elle ajoute : « la population affectée fait comme elle peut pour affronter la situation. Beaucoup de gens qui ont encore une maison se retrouvent dans les centres d’accueil pour recevoir de l’aide alimentaire, faute de revenus ».

Une réponse adaptée à court, moyen et long terme

Dans les 24 heures qui ont suivi le tremblement de terre, Action contre la Faim a mobilisé en urgence une équipe de 10 personnes.  Nos équipes ont  rapidement distribué des kits d’hygiène, des filtres à eau, des réservoirs et des citernes auprès des populations réfugiées dans des abris, mais également des moustiquaires pour limiter le risque de propagation du virus Zika.

Elles  conçoivent une réponse à court, moyen et long terme pour répondre aux besoins des populations affectées. Il est primordial d’apporter une réponse immédiate à l’urgence, afin de couvrir les besoins en eau potable et en nourriture, de construire des abris et de soutenir psychologiquement les populations. Il est également très important de travailler dès à présent au rétablissement des moyens d’existence des populations.

© Lys Arango / Action contre la Faim

© Lys Arango / Action contre la Faim

Aujourd’hui, nos équipes distribuent des filtres à eau et du matériel d’hygiène de base. Elles préparent également la mise en place d’un programme « argent contre travail » pour rémunérer les personnes en contrepartie d’un travail de déblaiement et de récupération des débris. Cette stratégie permet d’assurer aux populations un accès à la nourriture tandis que la reconstruction se met en place.

Priorité à l’aquaculture

Selon les premiers résultats des évaluations réalisées sur le terrain, «  le tremblement de terre   a également touché les moyens de subsistance de la population, en particulier dans le secteur de l’aquaculture », souligne Maximiliano Verdinelli. Les pêcheurs de poissons, de crevettes et de coquillages ont  été particulièrement affectés. Une grande partie de la population vivant sur la côte travaillait dans l’aquaculture, secteur aujourd’hui complètement paralysé. « Nous devons apporter une réponse particulière à ces personnes qui ont perdu leur principale source de revenus. Nous devons mettre en place des mécanismes de protection sociale, pour éviter que les familles ne se précarisent et soient obligées de s’installer dans des centres d’accueil pour recevoir de l’aide » explique Maximiliano Verdinelli.

Action contre la Faim envisage un système de protection sociale basé sur des transferts monétaires, qui permettrait de compenser la perte d’emploi jusqu’à ce que les secteurs les plus affectés et l’économie locale soit relancés. Nos équipes vont rapidement mettre en place des espaces mères-enfants, où ceux-ci reçoivent un appui psycho-social. Le soutien psychologique et la récupération des moyens de subsistance sont aujourd’hui les priorités d’Action contre la Faim en Equateur.

Posté le 29 avril 2016 dans Amérique du Sud, Equateur, Live

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