Après 6 ans de crise et de conflit, la population en Syrie est à bout de ressources

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Les mécanismes d’adaptation mis en place par les foyers syriens pour faire face à la crise et au conflit qui ravage le territoire sont à bout de souffle.

Depuis 2011, les acteurs et les zones de conflit ont évolué, mais la souffrance humaine demeure. « Il y a toujours des mouvements de population et des déplacements à l’intérieur des frontières de la Syrie. Si le nombre de départs s’est stabilisé ces derniers mois, c’est uniquement du fait des fermetures de frontières des pays voisins, plus difficiles encore à franchir », explique Manuel Sánchez-Montero, directeur du plaidoyer et des relations institutionnelles pour Action contre la Faim au Moyen-Orient.

« Après six années de guerre, la population est épuisée. La plupart des personnes déplacées et des réfugiés ont déjà épuisé leurs mécanismes de survie immédiats, avec des niveaux d’endettement insoutenables. Nos équipes sur le terrain nous disent comment depuis un an, la pratique de mesures de survie extrêmes a grimpé en flèche, comme le travail des enfants, l’exploitation des travailleurs, le mariage précoce ou la prostitution », précise Jean Raphael Poitou, chargé de plaidoyer.

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Un pays en guerre, une région sous le choc

A ce jour, seul 3% des 180 000 réfugiés que les pays européens se sont engagés à accueillir ont été réinstallés. La majorité des personnes qui ont fui la violence a trouvé refuge dans les pays directement voisins. Plus de quatre millions de personnes se trouvent en Turquie, au Liban et en Jordanie.

« L’impact dans un pays comme le Liban, où aujourd’hui une personne sur quatre est un réfugié, est énorme. Ces populations qui arrivent de Syrie vivent dans une sorte de vide juridique puisque le pays n’est pas signataire de la Convention sur les réfugiés. Le gouvernement a initié des mesures afin de faciliter l’obtention d’un statut, de permis de travail et de résidence. Mais l’accueil de plus d’un million et demi de Syriens au Liban implique une pression sur l’économie et les ressources du pays » assure Jean Raphaël Poitou.

La Turquie accueille 2,9 millions de réfugiés, le Liban 1,6 million et la Jordanie 650 000. Avec les difficultés d’accès aux populations dans le pays et la crise humanitaire qui s’étend aux pays voisins, la réponse humanitaire aux besoins identifiés et aux vulnérabilités qui s’aggravent doit s’amplifier. Le défi demeure l’accès aux populations les plus éloignées de l’aide et la disponibilité de fonds financiers pour faire face à l’ampleur de la crise. Les organisations humanitaires doivent utiliser les ressources disponibles avec un maximum d’efficacité et innover dans les modalités d’aide pour répondre aux besoins croissants. Nos équipes soutiennent les populations en Syrie, en Jordanie et au Liban.

Les chiffres de la crise

• 13, 5 millions de personnes ont besoin d’aide à l’intérieur de la Syrie. 5,8 millions sont des enfants. Parmi les premiers, 5,6 millions ont besoin d’aide pour répondre à leurs besoins de base, 6,3 millions de Syriens sont déplacés à l’intérieur, 5 millions de personnes ont fui le pays.

• 7 millions de Syriens font face à l’insécurité alimentaire.

• 2 sur 3 n’ont pas accès à l’eau potable. Les ménages dépensent 25% de leur revenu pour acheter de l’eau.

Crédit photo : © Florian Seriex

Posté le 14 mars 2017 dans Syrie

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