Au Liban, traiter les eaux usées dans les camps de réfugiés

Liban dans un centre de réfugiés

Aujourd’hui dans le monde, 663 millions de personnes manquent d’eau potable, et 2,4 milliards de personnes ne disposent pas de systèmes d’hygiène et d’assainissement de base.

Ce manque coûte la vie à 361 000 enfants de moins de cinq ans chaque année. Plus de 80% des eaux usées produites retournent dans les écosystèmes sans traitement. La mauvaise gestion de ces eaux usées a un impact très négatif sur la santé, la nutrition et l’environnement.

Chaque année également, 1,8 milliard de personnes risquent de contracter des maladies telles que la diarrhée, le choléra, la dysenterie ou la poliomyélite, via la consommation d’une eau supposément potable mais contaminée par des matières fécales.

Les populations les plus vulnérables paient les conséquences du mauvais traitement de ces eaux, en raison du manque de ressources et d’infrastructures adéquates, ce qui s’aggrave lors de crises humanitaires.

Les eaux usées sont une source d’infection car elles contiennent des matières fécales, des déchets médicaux, des pesticides agricoles et des produits chimiques potentiellement toxiques.

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Lors de conflits, les personnes déplacées se retrouvent la plupart du temps installées dans des zones où elles n’ont aucun moyen d’accéder à de l’eau autre que contaminée.

Du fait de la crise syrienne, un pays comme le Liban, qui accueille 1,5 millions de réfugiés, a vu augmenter de 30% le nombre de personnes qui se fournissent via des systèmes d’eaux usées. Après 15 ans de guerre civile (1975- 1990), le Liban ne dispose d’infrastructures de gestion de l’eau que pour 20% de sa population. Les réseaux ne sont pas fiables et seulement 8% des eaux usées sont traitées efficacement.

Six ans après le début du conflit syrien, les réfugiés sont toujours regroupés dans des établissements informels où ils continuent de survivre dans des conditions normalement réservées aux urgences. Les eaux usées s’accumulent d’abord dans des réservoirs et des puisards, qui nécessitent des services de collecte fréquents et coûteux, ou, comme c’est le cas le plus souvent, elles finissent en des points de décharge où elles ne sont pas traitées du tout.

Dans de nombreux campements informels, les services de collecte sont insuffisants et le trop-plein des eaux usées est situé à côté des latrines, ce qui favorise les contaminations d’un bassin à l’autre.

Face à ce problème, nos équipes ont mis en place dans la vallée de la Bekaa un système innovant de traitement des eaux usées, qui réduit les risques pour la santé, empêche la dégradation des ressources naturelles et permet la maîtrise des coûts de collecte des eaux usées.

Les bassins de réception des eaux usées sont directement reliés à une fosse septique améliorée, qui traite et nettoie les eaux usées. L’eau traitée et exempte d’agents pathogènes s’infiltre dans le sol à l’aide d’un système de tuyaux d’irrigation qui se déversent ensuite dans une tranchée remplie de gravier. Cela augmente la capacité d’absorption du sol.

Au Liban, Action contre la Faim permet à plus de 35 000 personnes d’accéder à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement.

 

Crédit photo : © Lys Arango

Posté le 23 mars 2017 dans Liban

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