« Au Népal, c’est la course contre la montre pour protéger les enfants avant la mousson »

Photographies : Daniel Burgui Iguzkiza

Chiara Saccardi, responsable de la coordination de l’aide d’urgence d’Action contre la Faim au Népal, rentre de mission après un mois de travail à la première réponse d’urgence.

Les premières pluies de la mousson vont bientôt tomber, et les conditions de vie de milliers de personnes déplacées, qui vivent encore dans les rues sans accès à l’eau, hygiène et assainissement, vont se détériorer. La reconstruction de nombreux abris de fortune, bâtis à la hâte, est préoccupante. Pour le moment, ce sont juste des constructions en plastique et des hangars où de nombreuses familles vivent avec peu d’espace. Ces lieux sont inadaptés et les conditions d’hygiène vont empirer pendant la saison des pluies.

Cette situation augmentera le risque d’épidémies et de malnutrition chez les plus jeunes, et aggravera le stress de beaucoup d’enfants et de mères qui souffrent encore des traumatismes de la première secousse du 25 avril. Dès maintenant et avant les pluies, nous concentrons nos efforts sur les enfants et les nourrissons.

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Avant même le tremblement de terre, les chiffres concernant la malnutrition des enfants au Népal étaient très inquiétants et notre association travaillait déjà dans l’Est du pays.

Mais un mois après la catastrophe, la situation a empiré : plus de 70 000 enfants de moins de cinq ans sont désormais menacés par la malnutrition et nécessitent une assistance humanitaire et nutritionnelle d’urgence. 15 000 enfants vivant dans 14 des districts les plus touchés par le séisme ont besoin d’un traitement nutritionnel spécial et d’aliments thérapeutiques. La priorité d’Action contre la Faim est de protéger les plus vulnérables dont les mères allaitantes et les petits de moins de 5 ans : depuis le séisme, ACF intervient dans les districts de Nuwakot, Rasuwa et Makwanpur, ainsi que dans la vallée de Katmandou.

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Il ne s’agit pas seulement de fournir un soutien nutritionnel d’urgence, mais aussi une bonne alimentation, qui permettra de protéger la vie de ces enfants et de les rendre plus résistants aux éventuelles épidémies. Des risques liés à l’eau peuvent survenir au cours de la saison des pluies, comme le choléra ou la dengue.

Ces programmes sont complétés par un soutien psychosocial aux mères et aux enfants, qui subissent encore les conséquences psychologiques du séisme. La peur est quotidienne et ils demeurent très marqués par les répliques et les glissements de terrain qui ont suivi le tremblement de terre. Cette cellule d’accueil se matérialise par la création d’espaces dits sûrs pour les enfants en bas âge, comme à l’hôpital de Katmandou. On y distribue aussi du matériel d’hygiène, et on renforce les connaissances des infirmières et des mères à de meilleurs soins pour les enfants dans ce type de situation de catastrophe.

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La population a beaucoup perdu : petits commerces, terres… Maintenant que les marchés recommencent à être alimentés, le travail reprend. Nous travaillons aussi à la récupération des moyens de subsistance avec des actions de « cash for work » : les personnes qui participent au programme reçoivent de l’argent en échange de nettoyage et de restauration des espaces publics, cela permet d’assurer un accès à l’alimentation disponible sur les marchés locaux tout en avançant sur la réhabilitation.

Posté le 29 mai 2015 dans Live, Népal, Récit

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