Bangladesh : 3 mois de réponse à la crise humanitaire

Against Against Hunger food distribution to refugees in Banglade

3 mois de violences au Myanmar et plus de 620 000 réfugiés à la frontière bangladaise.

Dans la nuit du vendredi 25 août, une série d’attaques coordonnées a été menée par des insurgés Rohingya contre environ 30 postes-frontières dans les villes de Maungdaw et Rathedayng, dans l’Etat de Rakhine, au nord du pays, engendrant une répression sévère de la part des forces armées birmanes. 

Alors que l’absence de statut juridique et les discriminations répétées à leur égard ont incité les communautés Rohingya à se déplacer depuis les années 1980, la situation s’est considérablement aggravée depuis maintenant 3 mois. Plus de 620 000 Rohingyas ont franchi la frontière avec le Bangladesh voisin, rejoignant quelque 212 000 de leurs compatriotes qui se trouvaient déjà dans le pays à la suite de vagues de déplacement antérieures.

Récits d’exil : des violences extrêmes et systématiques

Les réfugiés qui ont rejoint le Bangladesh rapportent qu’ils fuient des violations épouvantables des droits de l’homme au Myanmar. Selon ces récits poignants, des villages entiers ont été incendiés, des parents tués devant leurs enfants, et des femmes et des filles violées ou brutalisées. Le passage que les réfugiés utilisent pour franchir la frontière du Bangladesh est dangereux : selon certaines informations, des centaines de personnes auraient été tuées ou abattues alors qu’elles tentaient de s’échapper, et certaines se seraient noyées pendant le périlleux voyage à travers la rivière Naf, qui sépare les deux pays. La plupart des gens ont fui avec peu de biens personnels, et ont utilisé leurs maigres ressources pour financer leur passage et construire un abri. Ils dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire pour subvenir à leurs besoins de base.

Une évaluation effectuée en août 2017 par Internews a révélé que la majorité des personnes bloquées à la frontière étaient des femmes et des enfants. Les conditions de vie dans les camps de réfugiés de Cox’s Bazar sont particulièrement difficiles. Les réfugiés Rohingyas vivent dans la misère, la pauvreté et dans un état général d’incertitude. Cette situation est exacerbée par les vulnérabilités climatiques préexistantes dans cette région, en particulier les inondations saisonnières.

La situation des enfants, premières victimes des conflits

Les enfants constituent la majorité de la population réfugiée  (entre 55 % et 58 %). La situation de vulnérabilité dans les camps est exacerbée pour les enfants, qui encourent les risques d’être maltraités, négligés et/ou exploités, exposés au trafic d’êtres humains, ou encore victimes de discrimination et recrutés dans les forces armées.

La situation des enfants et des adolescents nouvellement arrivés est déplorable. Nombreux sont ceux qui restent le long des routes avec leurs familles et leurs proches, ou qui vivent en plein air, à côté des camps, des routes et des forêts. L’absence de couverture de leurs besoins
essentiels, notamment de nourriture, d’abris, d’installations sanitaires et de lieux de séjour sûrs, compromet considérablement la sécurité et la sûreté des enfants.

La réponse d’Action contre la Faim sur le terrain

Depuis le début de la crise, les équipes d’Action contre la Faim au Bangladesh répondent à l’urgence et intensifient leurs actions dans la région de Cox’s Bazar pour faire face à l’afflux de réfugiés Rohingya de ce côté de la frontière.
Nos équipes ont distribué plus de 1 237 586 repas chauds par jour dans les camps de fortune.

  • Nous avons examiné près de 175 000 enfants de moins de 5 ans et avons déjà diagnostiqué pplus de 7,5% de cas de malnutritions aigüe sévère et modérée.
  • Nos équipes fournissent actuellement une aide alimentaire à près de 9000 femmes enceintes et mères allaitantes.
  • L’accès à l’eau potable, l’installation de systèmes d’assainissement et de toilettes sont des priorités.
  • Nous avons installé plus de 2 000 latrines de secours dans les camps de Kutupalong et Balukhali où la majorité des réfugiés sont installés.
  • Nos équipes ont distribué plus de 2 300 000 litres d’eau potable.

Action contre la Faim a considérablement augmenté sa capacité d’action et mobilise plus de 200 salariés et 700 bénévoles pour répondre à cette urgence.

Sources:
UNHCR, Government of Bangladesh, RRRC FACT SHEET – Family counting (November 2017)
UNICEF, Bangladesh Humanitarian Situation report – Rohingya influx (8 October 2017)
CPSS, Cox’s Bazar, Bangladesh: Child Protection Sub-Sector Achievements (November 2017)

 

Photographie © Kathleen Prior pour Action contre la Faim.

Posté le 24 novembre 2017 dans Bangladesh

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