Changement climatique et crises humanitaires : quels impacts ?

La  crise humanitaire engendrée par le phénomène El Niño dans de nombreux pays montre à quel point les Etats et le système humanitaire international sont encore peu préparés aux défis que nous impose le changement climatique. Celui-ci a des conséquences majeures sur les populations, notamment la dégradation des ressources naturelles. Elle affecte directement les communautés les plus vulnérables et aggrave les tensions déjà existantes liées à la raréfaction et au partage des ressources. 

En période de sécheresse, le manque d’eau est déjà à l’origine de nombreuses crises et source de conflits. Il est ainsi la principale cause naturelle de l’insécurité alimentaire. Autre exemple frappant, les maladies hydriques feraient près de 3000 morts par jour [1]. Par ailleurs, la perte des cultures et du bétail, liée au manque d’eau, est source de tensions sociales vives, de violences et de migrations des populations.

Sur le long terme, la baisse des précipitations affecte particulièrement les populations dépendantes du pastoralisme. La détérioration de la végétation pousse ainsi les éleveurs à se déplacer et à modifier les routes de transhumance. Leur proximité avec des zones agricoles, souvent en expansion sur d’anciennes zones de pâturage, devient une source de conflits, avec un impact direct sur la sécurité des populations sur place.

La baisse des précipitations a également un effet sur le débit des cours d’eau. Les conséquences sont multiples : manque de ressources disponibles pour les usages agricoles et domestiques, baisse de la production d’électricité, tensions exacerbées au sein des communautés.

 

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Tensions et conflits autour de la ressource en eau (2008)

 

Au Sahel, ces bouleversements climatiques pourraient augmenter le risque de conflits, notamment entre éleveurs et agriculteurs à propos de la gestion des cours d’eau, des canaux d’irrigation ou encore des fleuves transfrontaliers. Et ce, dans des pays déjà touchés par la faim et l’insécurité alimentaire, où le climat social reste fragile.

 

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Emeutes de la faim suite à l’augmentation des prix des denrées alimentaires en 2008

 

D’autres effets liés au changement climatique ont un impact sur l’ampleur et la fréquence des crises humanitaires. En détruisant les habitations et les cultures, les cyclones et les périodes de mousson affectent particulièrement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations. En découlent des crises sanitaires liées à la contamination de l’eau et à la propagation de maladies, qui risquent de s’accroître avec les changements climatiques.

L’adaptation au changement climatique doit donc intégrer l’amélioration de la gestion des ressources naturelles et la prévention des conflits. Parallèlement, des mécanismes de perte et dommages doivent permettre de protéger les populations affectées par les chocs climatiques afin de les prémunir de la pauvreté. Des mesures leur permettant de mieux s’adapter et se préparer aux risques de catastrophes naturelles et aux changements des conditions climatiques sur le long terme sont mises en place.

Action contre la Faim se mobilise pour que les bailleurs de fonds contribuent concrètement à la mise en place de programmes d’adaptation, de protection sociale et de réduction des risques de catastrophes naturelles au profit des populations les plus vulnérables. Il est vital que l’aide humanitaire puisse être délivrée aux personnes affectées et que leur accès aux services de base soient assurés.

 

 


[1] 1000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour des maladies diarrhéiques » source : OMS, Juillet 2015 / Rapport 2015 du JMP (OMS/UNICEF)

Posté le 13 mai 2016 dans Gardons un œil sur le climat, Live

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