Double menace au Niger

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La région de Diffa, dans le bassin du Lac Tchad, souffre des menaces de Boko Haram alors qu’elle est déjà frappée par la faim et l’hépatite E. Les femmes sont les plus touchées par cette épidémie et les fonds manquent pour lutter contre ce fléau.

Septembre est connu pour être le mois des semences dans le sud du Niger et les prévisions, pour cette année, annoncent de fortes précipitations. Néanmoins, la région de Diffa reste très dangereuse, notamment pour les femmes et les enfants – on a enregistré, rien que pour le mois de juillet, 39 kidnapping pour cette tranche de la population. À cette situation déjà très délicate s’ajoute une épidémie d’hépatite E qui a déjà touché plus de 1600 personnes. Terre d’accueil de plus de 250 000 réfugiés victimes de Boko Haram, dont la plupart, par manque d’infrastructures, vivent dans des conditions très précaires, Diffa est devenue une priorité humanitaire, notamment en ce qui concerne l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

« L’hépatite E est un virus très dangereux que l’on peut trouver dans l’eau et les excréments, et dont les femmes enceintes sont les plus touchées. Pour empêcher sa propagation, nous devons garantir l’accès de ces populations à un environnement sain. C’est pour cette raison que nous devons leur fournir une eau potable et des installations pour l’assainissement », explique Célia Gonzalez, spécialiste en eau, assainissement et hygiène chez Action contre la Faim.

Des fortes tensions face au manque d’eau

Selon les derniers recensements, dans les 250 000 déplacés et réfugiés à Diffa, plus de 105 000 personnes proviennent du Nigéria. « Avec l’arrivée de nouveaux réfugiés, nous avons élargi les camps d’accueil et les sources d’approvisionnement. On craint que nos réservoirs d’eau ne soient pas suffisant pour tout le monde. De ce fait, des affrontements de plus en plus dangereux éclatent entre les locaux et les nouveaux arrivés », explique Pauline Jacquart, coordinatrice du pôle urgence chez Action contre la Faim au Niger. L’aide humanitaire a pallié les mauvaises récoltes.

Cette dernière période a été la plus difficile pour les agriculteurs à cause des conditions climatiques. Mais, malgré cette saison agricole délicate, grâce à l’aide humanitaire que nous avons fournie, plus de 405 000 personnes ont pu manger.

Boko Haram : 200 000 personnes ont fui de la violence

La situation d’insécurité dans la région de Diffa est loin de se stabiliser et la population se voit très menacée par les affrontements armés menés par Boko Haram. Plus de 250 000 personnes se sont déplacées, au péril de leur vie, à cause des violences et des pillages dont ils sont la cible.

  Photographie © Gabriel Villarrubia pour Action contre la Faim.

Posté le 19 septembre 2017 dans Niger

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