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60 millions d'oubliés.

On le voit venir depuis deux ans. Discret sur la scène publique, ses effets dévastateurs ravagent en silence les populations pauvres du monde entier. La chaleur, le froid, les intempéries et les sécheresses : autant de conséquences du phénomène climatique El Niño qui sont en train de détruire les moyens de subsistance et les récoltes de communautés entières. Au Malawi, en Ethiopie, en Haïti, en Indonésie, le constat est sans appel : aujourd’hui, des millions de personnes sont affectées par El Nino et 60 millions d’entre elles ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence car elles n’ont plus aucun moyen de se nourrir. Pourtant, plusieurs mois après avoir officiellement pris fin, l'onde de choc de cet épisode particulièrement intense se fait encore ressentir.

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L’ÉPISODE LE PLUS VIRULENT DES CINQUANTE DERNIÈRES ANNÉES

El Niño est un phénomène météorologique cyclique, naturel, qui revient tous les 3 à 7 ans et qui peut durer de six mois à deux ans. L’augmentation de la température des eaux de surface de l’océan pacifique entraîne de nombreuses modifications du climat mondial : davantage de cyclones sur les îles du Pacifique, des précipitations plus intenses dans certaines régions de l’Inde et du Kenya, des vagues de chaleur et des sécheresses en Afrique de l’Est et Australe, en Indonésie et en Amérique centrale ainsi que des vagues de froid au Pérou, en Mongolie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Autant de chocs climatiques qui affectent les populations locales, et plus particulièrement les plus vulnérables d’entre elles. Ces catastrophes ont ainsi de graves impacts sur la sécurité alimentaire des populations touchées. Des millions de têtes de bétail ont ainsi été perdues, faute de fourrage pour les nourrir et d’eau pour les abreuver. Les cultures de millions d’agriculteurs ont également été détruites par la sécheresse ou noyées dans les inondations. Les populations ont, dans de nombreux cas, épuisé toutes leurs réserves et vendu leurs biens pour pouvoir acheter de la nourriture. En première ligne : des familles déjà vulnérables qui n’ont plus les moyens de se nourrir et qui dépendent de l’aide fournie par les Etats et les organisations humanitaires.

Vivre avec El Niño
aux quatre coins de la planète

Comprendre les impacts d'El Niño à travers des exemples concrets :

Une crise évitable


La crise humanitaire ne serait probablement pas de cette ampleur si les populations touchées avaient été accompagnées dès les premiers signes. Au lieu d’agir suffisamment tôt pour éviter que les plus vulnérables soient plongés dans l’extrême pauvreté, les ONG se trouvent dans une situation d’urgence, où apporter une aide alimentaire est une question de vie ou de mort pour des populations à présent sans ressource. 

Pourtant, des systèmes d’alerte précoce, d’information météorologique et de suivi de l’insécurité alimentaire existent dans la majorité des pays touchés. Il existe de nombreuses manières de limiter l’effet des crises sur les populations vulnérables. On pense souvent à la réduction des risques de catastrophes naturelles mais on parle moins des programmes de protection sociale. Cela inclut des filets de sécurité, permettant aux plus vulnérables de garder la tête hors de l’eau et notamment de ne pas avoir à vendre leurs biens suite à un premier choc. La couverture santé, qui permet aux populations pauvres d’avoir accès aux soins en cas de coup dur, mais aussi les transferts monétaires ponctuels contre des travaux d’utilité publique, font partie des solutions. 

Pour financer toutes ces mesures, les bailleurs de fonds doivent mettre en place des mécanismes de financement plus flexibles, afin de répondre avec plus de rapidité et de manière préventive.