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« Il faut que la sécheresse s'arrête »

Témoignage de Rose Faniwello, au Malawi

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Au Malawi : 

Le Malawi est l’un des pays les plus pauvres du monde. Sa population est particulièrement exposée aux aléas naturels comme les inondations, les sécheresses et les risques environnementaux sans oublier l’impact d’El Niño. De violentes inondations ont d’ailleurs ravagées le pays en janvier 2015 et marquent encore les esprits : 1,1 million de personnes affectées, 230 000 déplacées, 106 morts, et 64 000 hectares de terres agricoles abîmées. L’agriculture représente plus d’un tiers de la production nationale. Ces cinq dernières années, on estime à 20% la baisse des récoltes de maïs, qui constitue la base de l’alimentation. Cette baisse dans la production de maïs suscite de vives inquiétudes quant à la sécurité alimentaire des habitants dans un pays soumis aux aléas climatiques, où plus de 50% de la population vit dans la pauvreté.

Cette année, la sécheresse due à de faibles précipitations engendre de nouvelles difficultés pour les familles pauvres. Selon les rapports les plus récents, les récoltes de maïs ont diminué de 12,4% par rapport à l’an dernier. Avec une saison sèche potentiellement plus longue et plus intense, les effets d’El Niño risquent de peser sur la sécurité alimentaire et économique des populations et d’avoir des conséquences dramatiques sur la santé des familles les plus vulnérables.

Témoignage

Rose Faniwello, au Malawi. 

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La famille de Rose Faniwello vit essentiellement grâce aux terres qu’elle cultive. Une parcelle de 100m² qui lui permet de nourrir ses 6 enfants, dont 3 ont moins de 5 ans. Séropositive, Rose et son plus jeune fils suivent un traitement antirétroviral fourni par le gouvernement tandis que son mari est mort des suites du SIDA. Isolée à cause de sa maladie, la famille vit aujourd’hui dans une pièce de 6 m², où ils dorment, cuisinent et mangent.
« Habituellement, j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille en cultivant ma parcelle de terre. Mais cette année, c'est impossible à cause de la sécheresse, je n'ai rien récolté du tout ». Pour nourrir ses enfants et lorsque la maladie le lui permet, elle travaille dans les fermes voisines. « Je gagne à peu près 500 kwacha malawien (Kw) par jour (0,6€) mais ça ne suffit pas à payer les 1 500 Kw (1,9€) que coûtent 10 tasses de farine de maïs que je dois acheter quotidiennement pour nourrir mes enfants ». Pour compléter les repas, Rose se rend à la rivière Shire deux fois par semaine pour cueillir des plantes qui servent à nourrir ses enfants. « Leur goût est très acide et elles ne sont pas très énergétiques » dit-elle, « mais je n’ai rien d’autre à leur donner». La mère de famille doit marcher deux heures en plein soleil pour rejoindre la rivière, ce qui n'est pas toujours possible à cause de la maladie. Ces jours-là, elle et ses enfants doivent sauter des repas ou faire la manche dans le village.

Malgré la situation et son état de santé, Rose ne perd pas espoir. « J'espère pouvoir cultiver quelques légumes, des patates douces et des arbres fruitiers. Il faut juste que la sécheresse s'arrête et que je trouve quelques semences pour remplacer celles que j'ai dû vendre ou manger ».