Equateur : un mois après le séisme

Photographies par Lys Arango

« La terre s’est mise à trembler dans un bruit fort. Tout grinçait et j’ai vu le mur déjà endommagé par le dernier tremblement de terre se fissurer comme si la foudre l’avait frappé », raconte Nora Macías, une survivante du séisme qui a frappé l’Equateur le 16 avril 2016. Suite à cette première secousse, plus de 700 répliques ont été enregistrées, causant d’importants dommages dans le pays.

Dans les 24 heures qui ont suivi le tremblement de terre, Action contre la Faim a mobilisé une équipe de 10 personnes afin de venir en aide aux victimes. La majorité des personnes affectées par cette catastrophe naturelle dépendent encore aujourd’hui de l’aide apportée par le gouvernement et les ONG.

 
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Nora Macías est veuve et mère de 5 enfants. Elle se souvient du 16 avril :

« Les chiens ont soudain commencé à aboyer sans raison particulière et quelques secondes plus tard la terre s’est mise à trembler dans un bruit fort. Tout grinçait et j’ai vu le mur déjà endommagé par le dernier tremblement de terre se fissurer comme si la foudre l’avait frappé. Par miracle, rien ne m’est tombé dessus. J’ai attrapé mon bébé et je suis sortie en courant de la maison. J’ai crié de toutes mes forces pour appeler le reste de mes enfants, mais heureusement ils étaient en train de jouer sur le terrain vague ».

Nora Macías a peur de revenir chez elle car sa maison est très endommagée. C’est pour cela qu’elle vit maintenant avec ses 5 enfants dans le refuge de Salima, situé dans le canton de Muisne. Il s’agit d’un camp temporaire, où la chaleur et l’humidité sont étouffantes. Près de 500 personnes y habitent, sur des matelas posés à même le sol. Les bâches noires en plastique qui leur servent de toits accentuent la sensation d’étouffement.

Face à la densité de population dans les refuges de fortune, la priorité pour Action contre la Faim est de garantir des conditions d’hygiène suffisantes et d’assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Des citernes et des bidons d’eau ont donc été fournis et des points d’eau construits. Cela contribue également à éviter la propagation de maladies à l’intérieur des camps. Action contre la Faim évalue également les moyens de vie et les mécanismes de survie des populations afin de pouvoir leur apporter l’aide la plus adéquate.

 
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Dans le refuge de Salima, Nicol Noel, 16 ans et enceinte de plus de huit mois, va bientôt donner naissance à un bébé. Comme elle, des dizaines de femmes et d’enfants ont besoin de trouver rapidement des lieux sûrs pour vivre. C’est pour cette raison qu’Action contre la Faim prépare l’équipement nécessaire pour construire des baby tents. Les mères et les enfants pourront y recevoir un soutien psychosocial afin d’affronter l’impact de la catastrophe. Grâce à cette initiative, l’association souhaite permettre aux femmes de continuer à allaiter et aider les populations à faire face au choc.

 
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La famille de Manuel vit à Daule, dans la Province d’Esmeraldas. Sa maison a été complètement détruite par le tremblement de terre. Par peur d’un tsunami, Manuel, sa femme et ses 6 enfants ont fui en direction d’une zone en altitude. Quand ils sont retournés chez eux, le peu de choses qui leur restaient avaient été pillées. Ils ont été contraints de boire l’eau de la rivière pendant des jours. Pour se nourrir, ils dépendent aujourd’hui encore des distributions alimentaires mises en place par les ONG dans les refuges temporaires.

 
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A Bolivar, Daule et Salima, trois villes situées dans le canton de Muisne, la moitié de la population vit de l’élevage de crevettes. Les destructions sur le littoral équatorien ont fortement affecté ce secteur. A cause du séisme, la chaîne de distribution a été paralysée et plus de 1000 hectares de bassins de crevettes ont été endommagés. Les crevettes se sont échappées, causant ainsi la perte de la source de revenu principale de dizaines de personnes. Afin de relancer cette industrie, il ne suffit pas uniquement de réparer les bassins, il est également nécessaire de les repeupler. À cela s’ajoute la phase de reproduction des crevettes qui prend entre 3 et 4 mois.

 

« Au-delà de l’urgence, la principale source de revenus de cette population sera affectée pendant plusieurs mois », affirme Maximiliano Verdinelli, responsable de la sécurité alimentaire pour Action contre la Faim. L’équipe déployée dans cette zone cherche actuellement une solution à ce problème, afin que les victimes ne se retrouvent pas dans une impasse.

Posté le 19 mai 2016 dans Equateur, Live

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