Ethiopie: La quête de l’eau

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Omar Hadj est le chef du village de Wajjid. Ce père de 15 enfants, âgé de 54 ans, se trouve devant le dispensaire de son village où des ouvriers raccordent le toit à une citerne d’eau d’une contenance de 10 000 litres. « La saison des pluies devrait commencer bientôt. C’est ce que nous espérons du moins » soupire cet homme de haute taille.

« C’est la troisième année que les pluies font défaut, mais nous devons être préparés à leur éventuelle venue. Les tuyaux que nous installons redirigeront la pluie vers la citerne. Pour l’instant, il n’y a pas d’eau et nous devons en faire venir de la rivière Shebelle. »

Wajjid_HC Ethiopie

À 45 minutes de Gode – la ville principale du district –, le village de Wajjid regroupe une trentaine de tukuls, des habitations coniques réalisées en branchages. En raison de la sécheresse, le sable a envahi les pistes déjà poussiéreuses, rendant la zone difficile d’accès. « Nous ne pouvons pas utiliser de camions pour apporter de l’eau dans les dispensaires, ils sont trop lourds et finiraient par s’enliser dans le sable. Nous employons Mohammed et son âne pour aller chercher de l’eau à la rivière » explique Omar.

Wajjid_HC Ethiopie

Toutes les semaines, une charrette tirée par un âne apporte 400 litres d’eau, essentiels au bon fonctionnement du dispensaire. L’eau est utilisée pour détecter la malnutrition. En effet, pour évaluer l’appétit des enfants, les personnels de santé leur donnent une ration d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi, une pâte épaisse, et beaucoup d’eau. L’eau vient tout droit de la rivière, qui se trouve à quelques kilomètres. Elle doit être traitée à l’aide de chlore local.

Olivier Paul - Ethiopie

« L’un de mes enfants est soigné pour malnutrition dans ce dispensaire, de même que ma seconde femme, enceinte. Nous sommes de petits agriculteurs. Nous partageons une pompe coopérative avec 28 de nos voisins. Nous essayons de diversifier nos cultures vivrières avec des tomates et du maïs, mais nous ne récoltons que pour notre propre consommation et n’en tirons pas d’argent. »

Sur la route menant au village, la voiture d’Action contre la Faim passe au-dessus de canaux en construction qui se dressent à un mètre au-dessus du sol, tous les 200 mètres. Pour lutter contre la sécheresse et développer l’agriculture à grande échelle, le gouvernement construit un système d’irrigation à partir de la rivière Shebelle.

« Nous devons miser sur des solutions durables et renforcer la résilience de la population. La région Somali connaît une crise persistante depuis bien trop longtemps. On peut appeler cela une urgence, mais ce qu’il faut, ce sont des solutions à long terme » conclut Aurélie Carmeille, directrice pays d’Action contre la Faim en Éthiopie.

En raison des crises en cours, le rayon d’intervention d’urgence d’Action contre la Faim a doublé avec le soutien de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO), le Fonds humanitaire éthiopien (EHF), le Bureau américain d’assistance aux catastrophes à l’étranger (OFDA) et le Programme alimentaire mondial.

 

Photographie © Léa Vollet et OIivier-Paul Nirlo pour Action contre la Faim.

Posté le 7 novembre 2017 dans Ethiopie

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