« Il faut savoir faire preuve d’une grande flexibilité pour pouvoir répondre aux besoins spécifiques de chaque mission »

Samuel Mazingue a 30 ans. Originaire de Chambéry, il a fait des études avec le but de pouvoir un jour intégrer le monde de l’humanitaire. Portrait d’un travailleur humanitaire aujourd’hui en poste chez Action contre la Faim en tant que « Coordinateur Flying Eau, Assainissement et Hygiène ».

Après une école d’ingénieur en hydrogéologie à Nancy, Samuel débute sa carrière à Lyon. « Les ONG ne prennent pas de juniors qui n’ont pas d’expérience professionnelle, et j’ai donc commencé en France dans le secteur privé. » Il travaille pendant 2 ans dans un bureau d’études spécialisé dans les problématiques de dépollution des sols et des eaux souterraines. Ce poste dans l’environnement lui plaît mais « il manquait de l’humain, davantage d’approche et de contact avec la population ». Samuel quitte alors ce milieu pour se lancer dans l’humanitaire avec l’ONG MSF où il a notamment travaillé sur l’implémentation d’un réseau d’eau dans un camp de déplacés au Sud-Soudan, et il rejoint ensuite Action contre la Faim en 2014.

Lors de l’interview de Samuel, il rentre tout juste d’une mission de deux mois et demi au Mali. En tant que Coordinateur « Eau, Assainissement et Hygiène », il suivait les projets mis en place dans le pays, notamment au Nord à Tombouctou et Gao, des endroits « un peu chaud niveau sécurité » mais où les populations ont besoin de l’aide apportée par les organisations humanitaires pour assurer un accès à l’eau et à l’assainissement. Samuel travaillait sur plusieurs bases :

« Début avril, notre équipe a ouvert une base dans une nouvelle zone, afin de prendre la relève du travail effectué jusqu’alors par la Croix-Rouge espagnole. J’ai travaillé en amont pour préparer les activités que nous allions mettre en place afin de soutenir les populations et j’ai recruté les équipes afin que nous puissions les former. Les projets que nous mettons en place au Mali sont très complémentaires : nous travaillons sur des aspects « eau » et « nutrition »afin de renforcer la sécurité alimentaire et lutter contre la malnutrition prédominante dans le pays. Nous travaillons ainsi afin que nos bailleurs financiers soutiennent de manière durable nos projets. Il y a encore un travail de fond à effectuer pour que les bailleurs intègrent le fait que l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène a un impact conséquent sur la sous-nutrition. »

Après le Mali, Samuel se rendra en République Centrafricaine pour 2 mois afin de coordonner les nombreux projets d’ACF en cours dans ce pays en crise.

Dans le jargon humanitaire, on appelle Samuel un « Flying ». Ce terme signifie qu’il peut être déployé pendant un temps court sur n’importe quel type de projet et partout dans le monde.

« Ce ne sont généralement pas des missions tranquilles. Les contextes peuvent être très différents d’une mission à une autre, et il faut savoir faire preuve d’une grande flexibilité pour pouvoir répondre aux besoins spécifiques de chaque mission. »

Le temps de déploiement maximum sur le terrain est de 3 mois pour chaque intervention.

« Après une  mission, je rentre en France  afin d’avoir quelques jours de repos et de profiter de ma famille et de mes amis. C’est important de pouvoir se vider un petit peu la tête avant d’enchainer sur une nouvelle mission. Mais c’est aussi ce qui est intéressant dans ce type de métier: pouvoir travailler dans des contextes différents, sur des projets variés, et pouvoir aller à la rencontre de populations et de cultures diversifiées. Je compte encore continuer ce type d’interventions d’urgence pendant quelque temps avant éventuellement de m’orienter vers des projets de développement à plus long terme. »

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Posté le 5 septembre 2016 dans Live, Récit

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