Irak : la réalité des camps de réfugiés syriens

De retour d’une mission au Kurdistan irakien pour Action contre la Faim, Baptiste Lecuyot raconte son expérience et les conditions de vie dans les camps de réfugiés syriens.

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« Ce qui m’a marqué, c’est la dureté des conditions de vie dans les camps »
 

Baptiste Lecuyot revient d’une mission de 7 mois au Kurdistan irakien. Ce jeune ingénieur en sciences de l’eau réalise sa première mission humanitaire dans les camps de réfugiés.

C’est dans un contexte sécuritaire tendu qu’il prend son poste à Erbil, ville située à environ 60 km de Mossoul, dans le nord de l’Irak. Responsable des programmes en eau, assainissement et hygiène, il nous explique son travail. « Je dirigeais une équipe de huit personnes, pour un programme financé par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Ma mission était d’améliorer l’assainissement dans les camps de réfugiés ». Grâce à sa double formation d’ingénieur et d’humanitaire, Baptiste est spécialiste des techniques d’évacuation et de traitement des eaux usées et connait bien le fonctionnement d’une base humanitaire.

 

Il travaille dans quatre camps de réfugiés syriens situés autour d’Erbil, dans lesquels vivent environ 30 000 personnes. « Les camps sont exclusivement composés de Syriens et les deux plus grands accueillent 10 000 personnes. La plupart des Syriens fuyant la guerre et ayant trouvé refuge en Irak vivent actuellement au Kurdistan irakien. » L’organisation des camps le marque particulièrement : « Certains ont été construits il y a plusieurs années et fonctionnent comme de vraies villes: il y a des rues principales, des magasins, des mosquées, des écoles… Des dalles en béton sont construites dans différents endroits pour que les familles puissent bâtir des habitations pérennes, avec une douche, des toilettes et une cuisine. Mais en dehors de ces rares aménagements, les camps se développent tous azimuts. Les tentes sont alignées les unes à côté des autres et séparées par des rues très étroites. C’est très dense. Quand il pleut, ces zones sont inondées et il y a de la boue partout. ». 

« La vie des réfugiés se résume la plupart du temps au camp dans lequel ils vivent. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de travail, ils n’ont rien pour gagner leur vie ou s’occuper. »
 

En été, la chaleur devient insupportable et la température peut grimper jusqu’à 50 degrés. « En septembre, il faisait encore 30°C » se souvient Baptiste. « Il n’y a pas un seul arbre. La climatisation n’est pas un luxe, c’est une nécessité, pour survivre ».

Action contre la Faim intervient dans des camps de réfugiés syriens afin d’y limiter le développement de maladies. Nos équipes construisent des infrastructures d’assainissement et vérifient leur bon fonctionnement. Elles distribuent également des kits pour les entretenir et installent des systèmes de gestion des déchets.

En 2015, Action contre la Faim a étendu ses opérations aux gouvernorats de Ninewah et Diyala afin d’anticiper des potentiels déplacements de populations et atteindre des communautés vulnérables jusqu’alors difficiles d’accès. L’ONG vient en aide à plus de 300 000 personnes chaque mois grâce à ces différents programmes.

L’exil n’est pas un choix. Découvrez d’autres témoignages sur #NotAChoice 

Posté le 7 juin 2016 dans Kurdistan Irakien, Live

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