« La vie est très dure pour une femme à Gao »

Fatoumata Zahara est assise au bord du lit de son fils Salim. Salim a 2 ans et souffre d’un grave Kwashiorkor, cette forme de malnutrition aiguë sévère qui se concrétise par la présence d’œdèmes un peu partout sous la peau. Salim a le corps boursoufflé d’œdèmes et sa peau a craqué en plusieurs endroits. Il souffre terriblement dès que quelque chose le touche.

L’histoire de Fatoumata est terrible : « Je viens de Gao. Je suis arrivée à Bamako il y a quelques jours » commence-t-elle. « Il y a plusieurs mois lors de la prise de Gao par les groupes armés, mon mari a été tué par une balle perdue. Je me suis peu à peu retrouvée toute seule avec ma mère et mon fils. Nous n’avions plus les moyens de subvenir à nos besoins et la vie est très dure pour une femme à Gao. Il était très compliqué pour moi de sortir dans la rue et je n’avais même pas l’argent nécessaire pour aller au centre de santé de Gao. Nous avions une grande famille avant et on s’entraidait, mais tous sont partis peu à peu. A la fin, je n’avais même plus de quoi faire une petite bouillie de mil pour Salim. Grâce à une amie de ma mère, j’ai pu avoir un billet de bus gratuit pour rejoindre Bamako. Nous en avons parlé avec ma mère : elle était trop vieille pour faire le voyage avec nous. Elle est donc restée là-bas toute seule. Je suis très inquiète » poursuit Fatoumata. « Je suis donc partie avec Salim, qui était déjà très très malade : il n’arrivait même plus à ouvrir les yeux tellement ils étaient gonflés.

Salim a 2 ans et souffre d’un grave Kwashiorkor, cette forme de malnutrition aigue sévère qui se concrétise par la présence d’œdèmes un peu partout sous la peau. Salim a le corps boursoufflé d’œdèmes et sa peau a craqué en plusieurs endroits.

Salim a 2 ans et souffre d’un grave Kwashiorkor, une forme de malnutrition aigue sévère qui se concrétise par la présence d’œdèmes un peu partout sous la peau.

Au moment où nous partions, nous avons entendu les avions des premiers bombardements dans le ciel. Sur la route entre Gao et Mopti (centre du Mali), notre bus a été attaqué très violemment. Tous les passagers ont du quitter le bus et les attaquants sont partis avec. Je me suis retrouvée à nouveau toute seule au milieu de nulle part avec mon fils malade. J’ai complètement paniqué. J’ai fait du stop pour poursuivre ma route. Heureusement un homme très gentil, en voyant l’état de mon enfant a accepté de me prendre dans sa voiture. Lui aussi fuyait le Nord. Il devait normalement s’arrêter à Mopti, mais voyant l’état de mon enfant, il nous a conduit jusqu’à Bamako. Mon enfant m’a sauvé ce jour-là : sans lui personne n’aurait accepté de me prendre en voiture. Maintenant je dois le sauver à mon tour. A peine arrivé chez un cousin à Bamako, je suis allée en pleurs encore au centre de santé. Je suis vraiment blessé dans mon cœur par tout ce qui est arrivé.

Salim est hospitalisé depuis vendredi ; ces œdèmes commencent maintenant à dégonfler peu à peu, mais il souffre encore beaucoup. Je n’ai pas encore eu trop le temps de réfléchir à ce que j’allais faire après. Mon cousin n’a pas les moyens de nous entretenir. Je suis prête à faire n’importe quel travail. Je resterai à Bamako le temps qu’il faudra. Jusqu’à ce qu’’il y ait la paix au Nord. »

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Posté le 22 janvier 2013 dans Live, Mali

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  • chababi rahamaniat

    nous devons les aider

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