Le changement climatique, un facteur de migration

Dans de nombreux pays, les crises humanitaires montrent à quel point la pression sur les ressources naturelles et la pénurie de certaines d’entre-elles impactent les populations. Tensions et conflits en découlent et poussent les populations affectées à se déplacer. Si la mobilité humaine se traduit sous plusieurs formes, le changement climatique joue un nouveau rôle et amène de plus en plus de personnes à se déplacer.

D’ici 2050, ce sont près de 250 millions de personnes qui devraient être déplacées à cause des conséquences du changement climatique selon Christian Aid. L’une des causes principales de ces déplacements serait la montée du niveau de la mer. Les eaux menacent de submerger les habitations des populations vivant dans des pays comme le Bangladesh. On estime que la montée du niveau des océans pousserait près de 15 millions de personnes sur les routes. Tandis que les îles Fidji ou les Maldives pourraient disparaître totalement si rien n’est fait pour empêcher que la température à la surface du globe reste en deçà de +1,5°C de réchauffement en 2100. [i]

Si les habitations doivent reculer sur les terres, la montée des eaux salées entraîne également la salinisation des nappes phréatiques dans les zones côtières, provoquant la stérilisation des sols agricoles comme par exemple au Vietnam.  Outre la montée des eaux liée au changement climatique, d’autres facteurs de déplacement de population sont à prendre en compte : la sécheresse, les inondations ou les événements météorologiques comme les cyclones.

Si les déplacements de populations sont temporaires ou permanents, ils sont la conséquence d’une détérioration profonde des conditions de vie et des moyens d’existence et peuvent être à l’origine de nouvelles crises humanitaires. La concentration soudaine de personnes déplacées dans des bidons-villes  ou dans des camps de réfugiés près des frontières risque de provoquer d’importantes crises sanitaires en raison des conditions d’accueil souvent précaires. La pression exercée par les personnes déplacées sur les moyens d’existence des populations hôtes engendre également des tensions ou des situations critiques en termes de sécurité alimentaire ou d’accès aux ressources. On note que les femmes et les enfants, les paysan.ne.s, et les populations autochtones seront les plus affectées par le changement climatique et la faim, alors même qu’elles en sont le moins responsables et que leurs capacités d’adaptation sont faibles.

Un plan d’action qui intègre l’humanitaire, le développement et le droit international

Afin d’éviter ces crises migratoires liées au changement climatique, trois points sont particulièrement importants :

La résilience et l’adaptation des populations vulnérables aux changements climatiques doit être renforcée pour diminuer les risques liés aux catastrophes naturelles.

Les routes migratoires doivent être sécurisées afin que les personnes déplacées soient en sécurité et qu’elles puissent arriver à destination sans encombre.

Les communautés hôtes doivent être appuyées afin que toutes les populations puissent avoir les moyens de vivre avec dignité, en ayant un accès à tous les services de base.

Des engagements à transformer

En 2015, afin d’éviter ou de limiter les impacts du changement climatique sur les populations vulnérables, les Etats se sont engagés à trois reprises :

  • A réduire des risques de catastrophes naturelles et préparer les communautés à y faire face, via le cadre action de Sendaï ;
  • A financer l’adaptation des populations aux changements climatiques et à mettre en place un mécanisme de pertes et dommages dans l’Accord de Paris ;
  • Et à mettre en place les actions permettant le développement durable de tous, à travers l’Agenda 2030 et ses 17 objectifs.

Les Etats doivent tenir leurs engagements sur ces trois chantiers de développement.

Sur le plan humanitaire, l’accès aux personnes affectées doit être garanti aux acteurs humanitaires. Les services de base doivent être fournis aux populations affectées sur l’Etat ne parvient pas à le faire : nourriture, eau, assainissement, soins, abris. Le respect des droits de l’Homme doit également être au cœur de la prise en charge des populations déplacées. Enfin, dans le cadre des déplacements faisant suite à des conflits armés, il est indispensable que le droit international humanitaire, qui établit des règles pour protéger les personnes qui ne participent pas à ces conflits, soit appliqué et respecté.

Retrouvez le témoignage de personnes en exil sur #NOTACHOICE « L’exil n’est pas un choix ».

[i] Voir http://pourunclimatcontrelafaim.org/wp-content/uploads/2015/11/ACF_DP_VF_Bassdef.pdf

Posté le 23 mai 2016 dans Gardons un œil sur le climat

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