Le choléra, un défi qui reste à relever en Haïti

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Photographies par Lucile Grosjean

En Haïti, depuis quelques années déjà, le choléra fait parler de lui. Malgré tout, depuis quelques semaines, on observe une baisse générale de la vigilance chez les habitants. A Bombardopolis, on pourrait penser que la bactérie responsable de la crise majeure qui sévit dans le pays depuis 2010 n’existe plus. Bien qu’en nette diminution, le choléra reste un problème de santé publique majeur en Haïti et à chaque baisse de vigilance, on constate une augmentation notable du nombre de personnes infectées.

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Un centre de santé a été créé il y a plus de 20 ans à Crève, près de Bombardopolis. Action contre la Faim y apporte un soutien au personnel médical. Des pastilles de purification de l’eau (Aqua tabs) sont mises à la disposition des responsables du centre dans le cadre du programme intitulé « Réponse rapide aux épidémies de choléra dans les départements de l’Artibonite et du nord-ouest ». Malgré le soutien d’ONG comme Action contre la Faim, ce centre dispose d’une faible capacité de réponse pour lutter efficacement contre les épidémies de Choléra.

 

Francine, infirmière dans ce centre de santé explique, « le centre de santé, quoique sous-équipé, a reçu au moins sept cas de choléra depuis le début de l’année. Parmi les patients reçus, il y avait un enfant de 5 ans. Je l’ai ausculté, il était complètement déshydraté et sur le point de mourir ». C’est avec l’aide d’autres personnels infirmiers du centre que Francine a réussi à administré le sérum au jeune patient et lui a ainsi sauvé la vie.

 

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Une habitante se sert dans l’un des points d’eau de son village.

 

Avec l’appui d’Action contre la Faim, le centre de santé dispose désormais de pastilles de purification de l’eau et d’autres matériels pouvant aider les équipes médicales à faire face à l’épidémie de choléra. Sous l’égide d’Action contre la Faim, Francine a également participé à une formation conjointe, rassemblant les partenaires locaux, les techniciens en eau potable et assainissement des communes, les agents de santés polyvalents du Ministère de la santé publique et de la Population et les brigadiers de la Direction de la Protection Civile. Les équipes ont ainsi approfondi leurs connaissances du choléra et ont été formées à la sensibilisation des communautés à l’hygiène, le traitement de l’eau et l’assainissement.

 

Avec l’arrivée de la saison pluvieuse, l’infirmière en chef partage ses craintes quant aux conditions de santé des trois cent mille habitants qui vivent dans cette zone qui ne comprend que deux centres de santé fonctionnels. Francine sensibilise les patients sur les dangers liés au choléra avec un message clair « Men Pwop se zanmi lasante. Men sal se lénmi lasante » : avoir les mains propres c’est être en bonne santé. Avoir les mains sales, c’est être malade. Afin de faciliter la pratique, un kit fourni par Action contre la Faim est placé à l’entrée de chaque centre de santé et permet aux patients de se laver les mains avec du savon.

 

Malgré les efforts du Ministère de la santé publique et de la Population, l’intégration de la prise en charge du choléra dans le système de santé est encore faible et incomplète. Plusieurs structures existantes connaissent d’importants manques de moyens pour lutter contre l’épidémie. Dans le département du Nord-Ouest, plus précisément dans les communes de Bombardopolis et Baie d’Henne, l’accès à l’eau potable se fait essentiellement par les sources d’eau résurgentes des massifs calcaires et par les citernes de collecte d’eau de pluie. Ainsi, Action contre la Faim tente depuis plusieurs années d’améliorer l’accès à l’eau potable et l’assainissement à travers son programme appelé « Water Facility ».

ECOLE - ABRI GONAIVES

Les interventions de nos équipes en Haïti pour contenir la maladie sont axées autour de trois domaines principaux : la distribution de kits de lutte contre le choléra à base de savon, de tablettes de chlore et de sels de réhydratation orale ; la sensibilisation sur les conduites à tenir face à cette maladie ; et la désinfection et le nettoyage systématique au chlore des potentiels vecteurs de l’épidémie (points d’eau, latrines, etc.). Nous cherchons aussi à améliorer l’accès à un système d’adduction d’eau réalisé en priorité dans les zones de persistance de la maladie.

Posté le 30 mars 2016 dans Haïti, Live

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