L’eau – une ressource à flux tendu sous les effets du changement climatique

Le 22 mars dernier, Action contre la Faim s’est mobilisée dans le cadre de la journée mondiale de l’Eau. L’occasion de rappeler les effets du changement climatique sur cette ressource essentielle.

On réduit souvent les impacts du changement climatique sur l’eau à une plus forte répétition des sécheresses et à une raréfaction généralisée de la ressource en eau. Pourtant, ils sont beaucoup plus complexes. En effet, une augmentation de 1 degré de la température atmosphérique entraîne une augmentation de 7% de la vapeur d’eau dans l’air (selon la relation de Clausius-Clapeyron). Cela perturbe très fortement les cycles de précipitations : certaines zones reçoivent moins de pluies, tandis qu’à d’autres endroits, elles sont plus intenses et plus condensées qu’en temps normal.

Des effets sur l’agriculture et les moyens d’existence

La diminution des précipitations pourrait entraîner la réduction voire l’abandon de certaines cultures fortement dépendantes de l’eau, et notamment de l’eau de pluie, comme les cultures pluviales ou non-irriguées. La quantité de nourriture disponible dans les foyers et les marchés ruraux serait à son tour affectée et on assisterait à une diminution probable du nombre d’animaux d’élevage. Par manque d’eau et de fourrage, le bétail risquerait d’être abandonné, réduisant ainsi les sources de revenus et l’accès à l’alimentation.

A d’autres endroits du monde, l’intensification des précipitations et des cyclones pourrait entraîner des inondations et des coulées de boues, détruisant les cultures et emportant les terres arables et les animaux d’élevage. Ces chocs soudains sont tout aussi dévastateurs que les sécheresses à long terme.

Des effets sur la santé

Les changements climatiques qui impactent les ressources en eau impactent également la santé des populations. La raréfaction de l’eau risque d’affecter l’accès à l’eau potable, déjà précaire pour près de la moitié de la population mondiale. Or, un accès réduit à l’eau a un impact sur les pratiques d’hygiène et facilite la propagation de maladies. Moins d’eau disponible implique l’instauration d’un nouvel équilibre sur son utilisation et sa répartition entre agriculture, élevage, alimentation, hygiène… Les populations les plus vulnérables, et parmi elles les enfants, les femmes et les personnes âgées, seront les plus tributaires de la raréfaction de l’eau. On note également des disparités à l’échelle des pays, entre les agricultures capitalisées et les petites agricultures familiales, ainsi qu’à l’échelle d’une sous-région, entre les pays partageant un même cours d’eau.

Par ailleurs, l’éloignement des sources allonge le temps passé à chercher de l’eau et diminue celui consacré aux autres activités comme le travail aux champs, la confection de nourriture et les soins apportées aux enfants en bas âges. Avec pour conséquence potentielle l’augmentation des cas de malnutrition.

Les pluies torrentielles et les cyclones peuvent quant à eux entraîner la contamination de l’eau potable par les eaux usées, déclenchant potentiellement des épidémies de Choléra et plus largement, des diarrhées qui sont la deuxième cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans.

© Damien Guerchois - Somalie

© Damien Guerchois – Somalie

Intervenant dans les domaines de l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la réduction des risques de catastrophes, Action contre la Faim s’engage avec ses partenaires nationaux et internationaux au sein de la Coalition Eau et du Conseil Mondial de l’Eau pour porter un plaidoyer auprès de la Convention cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique. Action contre la Faim se mobilise pour que soient reconnus le droit à l’eau et son importance dans l’adaptation des populations vulnérables aux changements climatiques.

Posté le 19 avril 2016 dans Afghanistan, Gardons un œil sur le climat

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