Lutter contre la faim dans un contexte de violences extrêmes : notre défi au Kasaï

Notre dossier
RDC – Le Kasaï sous haute tension (5/5)

Amorcée en août 2016, une crise humanitaire majeure s’est déclarée au cœur de la République démocratique du Congo, dans les provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, Lomami et Sankuru, suite à la révolte d’un chef coutumier contre l’autorité de l’Etat central. Depuis décembre 2016, cette immense région est mise à feu et à sang par les conflits opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les milices villageoises.

Déjà présente sur place depuis 2013, Action contre la Faim est mobilisée auprès des populations vulnérables depuis le premier jour du conflit pour lutter contre l’insécurité alimentaire extrême qui se propage à une vitesse fulgurante, faisant peser une menace de famine sur la région.

 

Au Kasaï Central, une bonne connaissance des enjeux régionaux grâce à une implantation effective des activités de nutrition

Action contre la Faim est présente au Kasaï Central depuis 2013, à la suite d’une crise alimentaire survenue dans la zone de Kalomba. Les équipes d’Action contre la Faim y ont mené des projets humanitaires multisectoriels.

 

Dans la région du Kasaï, en particulier à Tshikapa, Action contre la Faim a pu répondre aux besoins des populations dès les premières attaques et tout au long de l’escalade des violences entre août et décembre 2016. Sous la coordination d’OCHA (Bureau des Nations Unies de la coordination des affaires humanitaires), des projets d’urgence ont été implantés au Kasaï. En février et mars 2017, le projet d’assistance humanitaire aux victimes du conflit a été mis en place dans six villages de la région de Kasala et Kalonda. Un second projet financé par UNICEF / CERF a également été implanté dans 11 zones de la région au printemps 2017 pour répondre à l’urgence des besoins.

En tout juste deux mois, plus de 2000 enfants ont été admis pour le traitement de malnutrition aigüe sévère au sein des programmes d’Action contre la Faim.

 

Notre réponse d’urgence au Kasaï et Kasaï Central

Nos équipes ont lancé des interventions d’urgence pour tenter de couvrir les besoins les plus urgents notamment dans la zone de Tshikapa, et nous étendons les programmes existants dans plusieurs provinces du Kasaï et du Kasaï Central.

Nous priorisons l’approvisionnement de nourriture et la distribution de kits non alimentaires, ainsi que le soutien aux services de santé avec d’autres structures au travers de cliniques mobiles. La distribution de nourriture est l’une de nos actions principales. Environ 57 000 personnes sont ciblées par nos opérations de distribution de nourriture et 72 000 personnes sont ciblées par nos distributions de kits non alimentaires.

« Nous avons pour objectif de permettre aux personnes de rester dans leur région pour qu’elles soient en mesure de cultiver leurs terres et ne pas louper la prochaine saison agricole » souligne Luc Bellon, Directeur d’Action contre la Faim en République démocratique du Congo.

Mais sur place, nos équipes constatent des besoins humanitaires énormes qui dépassent largement les ressources disponibles en termes de ressources financières et de personnel pour venir en aide aux populations et sauver des vies.

Par ailleurs, la vitesse et la violence de la crise dans une zone qui n’a pas connu d’affrontement armé depuis les années 60 a laissé une population hébétée et profondément traumatisée, qui a besoin d’une prise en charge en Santé mentale & pratique de soins (SMPS).

   

La question de l’accès humanitaire : un enjeu majeur

A plusieurs reprises, des opérations militaires prenant pour cible des groupes armés ont obligé les équipes d’ACF à évacuer la zone en raison du déploiement militaire.

Action contre la Faim demande un accès immédiat, libre et durable aux zones de conflits pour permettre aux acteurs humanitaires de répondre aux besoins vitaux immédiats des populations. Pour celles-ci, c’est la restriction de l’accès est une double peine : alors qu’elles sont les premières exposées aux violences extrêmes, elles ne peuvent être secourues par l’aide humanitaire.

L’amélioration de l’accès à l’aide est prioritaire, et cela passe notamment par la mise en place d’un dialogue civilo-militaire entre les différentes parties militaires et les organisations humanitaires afin d’assurer la délivrance sans entrave et sûre.

Actuellement, un très petit nombre d’acteurs humanitaires se démènent pour traiter des besoins humanitaires immenses, dans des conditions volatiles, au risque d’être prises pour cibles et dans 5 provinces affectées.

 

 

Une crise en manque crucial de financements et de ressources

En juin, le montant des financements avancés pour financer l’aide humanitaire d’urgence est largement insuffisante face à la gravité et à l’étendue des besoins. Sur les 64,5 millions requis en avril 2017 pour répondre aux besoins les plus urgents, seuls 15% ont pu être récoltés.

A ce jour, dans l’indifférence, des milliers de personnes sont menacées par la famine et victimes d’exactions dans un Kasaï en plein chaos.

Action contre la Faim appelle à transformer l’indignation en action.

RDC : LE KASAÏ SOUS HAUTE TENSION NOTRE DOSSIER

Posté le 29 août 2017 dans Afrique, Live, République Démocratique du Congo

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