Népal : “il y a un manque cruel d’accès aux soins”

Népal 2017

Bidya Das est infirmière au centre de santé de Rajbiraj dans le district de Saptari au Népal. Elle tire la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire dans la région et sur l’accès aux soins. Témoignage.

 

« Je m’appelle Bidya DAS et je suis infirmière depuis 38 ans. Je travaille dans le centre de santé de Rajbiraj, dans le district de Saptari depuis 14 ans.

Dans cette région reculée du Népal, la prévalence de la sous-nutrition est assez élevée. Il y a quelques mois, nous avions entre huit et neuf nouveaux cas de malnutrition aiguë sévère par mois. Depuis que la zone traverse d’importantes difficultés politiques, les gens ne se rendent plus au centre de santé et les enfants malades ne sont plus pris en charge. La présence d’Action contre la Faim est primordiale dans le district car il y a un manque cruel d’accès aux soins.

Les femmes sont écrasées sous le poids de la pression familiale et des tâches ménagères. Elles travaillent dans les champs et la plupart du temps, leur mari ne vit pas dans le pays. Beaucoup d’hommes partent travailler dans les pays voisins (Inde, Emirats…) et ne reviennent qu’une à deux fois par an. Elles partagent donc leur vie entre leur travail et leurs enfants et vivent bien souvent avec leur belle-famille avec qui les relations sont parfois tendues. Ces mères n’ont pas le temps de cuisiner, ne connaissent pas les bonnes pratiques alimentaires et n’ont aucun pouvoir dans les décisions de leur foyer et de leur enfant. »

Népal 2017

« En général, elles se rendent dans notre centre de santé lorsque l’état de leur enfant se détériore dangereusement : il maigrit, ne s’alimente plus et est apathique. Là, nous les accueillons et les inscrivons dans le cahier des admissions afin d’assurer le suivi de l’enfant dans la durée. Nous prenons ensuite les mesures anthropométriques de l’enfant (périmètre brachial, poids et taille) et déterminons le stade de sous-nutrition dont il souffre. S’il souffre de malnutrition aiguë modérée ou sévère, il est alors admis dans le programme CMAM piloté par Action contre la Faim.

Dans un premier temps, la maman reçoit un traitement à base de pâte nutritionnelle pour sept jours et si l’enfant présente des complications (diarrhées, infections respiratoires…), nous lui prescrivons des antibiotiques et de la vitamine A. Puis la maman voit une conseillère psychosociale qui lui apprend comment renforcer le lien mère-enfant et elle revient une semaine plus tard pour son suivi. Les fois suivantes, elle se rend de nouveau dans le centre de santé pour prendre son traitement et les thématiques de séances psychosociales évoluent au fil de ses visites (communication, jeux, bain, massages, conseils nutritionnels, etc), la maman peut ensuite appliquer ce qu’elle a appris dans son quotidien avec sa famille. Aujourd’hui, le programme d’Action contre la Faim est terminé et nous prenons le relais de ce que les équipes nous ont transmis. »

Photographies © ACF-Népal pour Action contre la Faim.

Posté le 11 juillet 2017 dans Népal

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