NIGERIA : Alerte famine

Nigeria ACF

Dans l’Etat de Borno, la situation est de la plus haute gravité. L’extrême urgence peut encore être évitée si la communauté internationale réagit, et si l’accès de l’aide dans la zone est rendu possible.

Les évaluations des équipes d’Action contre la Faim sur le terrain ont confirmé le pire : un risque élevé de famine dans l’Etat de Borno, dans le nord du Nigeria, sévit pour les populations isolées de l’aide humanitaire en raison de la présence de Boko Haram. Action contre la Faim tire la sonnette d’alarme : si la communauté internationale et le gouvernement du Nigeria n’intensifient pas les efforts visant à fournir un accès sûr aux organisations humanitaires, les populations prises dans ces « zones interdites » vont droit vers une urgence humanitaire.

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Les indicateurs de la famine sont à prendre en considération au plus vite. Les populations concernées n’ont aucun accès à l’aide ou à de la nourriture, elles risquent le décès à court terme. Cette situation perdurera et s’aggravera tant que des zones entières de la région resteront fermées à l’aide. Il s’agit ici d’un scénario d’alerte dans lequel le conflit est la cause principale de la faim extrême et de déplacements généralisés à l’intérieur de l’Etat. La famine serait déclarée, en conformité avec les normes internationales, après évaluations de certains indicateurs : au moins 20% des ménages font face à des pénuries alimentaires extrêmes, des taux élevés de malnutrition aiguë, un taux de mortalité supérieur à deux personnes par jour pour 10.000 habitants. Ces indicateurs et seuils d’alerte sont déjà enregistrés dans certaines régions de Borno. Selon ces critères précis, la dernière famine enregistrée a eu lieu en 2011 dans la Corne de l’Afrique.

Il est urgent de faciliter l’accès à l’aide

« Dans les zones où nous n’avons pas d’accès possible, la population souffre. Elle a peu ou pas de nourriture, pas d’eau propre et pas de services de santé d’urgence. Nous sommes très préoccupés par le fait qu’un grand nombre d’enfants risque de mourir chaque jour de maladies évitables si nous pouvions les atteindre », a déclaré Yannick Pouchalan, Directeur Pays d’Action Contre la Faim au Nigeria.

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Action contre la Faim exhorte également le gouvernement à alléger les obstacles bureaucratiques à l’importation des fournitures essentielles et de rationaliser les processus de visas pour le personnel humanitaire qui se déplace vers les zones vulnérables. Il est également impératif que les organisations humanitaires aient accès aux zones d’exclusion pour effectuer des évaluations et quantifier avec précision l’ampleur des besoins les plus urgents.

 

Crédit photo : © Guy Calaf

Posté le 12 janvier 2017 dans Nigeria

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