Philippines: L’appui psychosocial, une arme contre la faim

Núria Diez est arrivé à Tacloban le 21 novembre 2013. Elle est psychologue, et diplômée d’un master en coopération internationale. Elle est responsable de l’appui psychosocial lié à la nutrition pour les femmes plus affectées par le typhon Haiyan.

 

Qui sont les femmes avec lesquelles vous avez travaillé cette année? 
Plus de 5 000 femmes ont participé aux activités du programme psychosocial de novembre 2013 jusqu’à maintenant dans la province de Leyte, où je coordonne le programme.
Après le typhon, nous avons répondu rapidement aux besoins urgents en installant la première tente « maman-bébé » à la fin novembre 2013 dans le plus grand centre d’évacuation de Tacloban.
Nous avons travaillé dans la communauté avec des groupes de femmes vulnérables. Elles étaient effrayées, vivaient avec énormément de stress, elles étaient bloquées émotionnellement. Elles avaient besoin d’être écoutées, d’exprimer leur douleur, leur peur, de partager leurs expériences …
Dans le programme, elles ont trouvé un refuge, un endroit où partager leurs sentiments avec des femmes dans la même situation. Elles ont trouvé un soutien, un endroit propre et privé pour allaiter leurs bébés.

 

Comment le soutien psychosocial contribue-t’il à la lutte contre la faim?
Quand une personne est soumise à un stress important et aux blocages émotionnels, elle n’est pas en mesure de faire face à des problématiques cruciales comme la nutrition, à la fois pour elle-même et pour ses enfants. Le soutien que nous offrons donne de la stabilité, de la confiance en soi pour créer de nouveaux objectifs. Cette gestion de l’expérience traumatique du typhon les a rendues plus fortes, elles ont appris à surmonter les difficultés d’une manière plus pratique et plus efficace, avec de l’initiative et de l’espoir.

 

Comment vous se sentez après une année de travail dans l’urgence?

Fière d’avoir aidé les femmes touchées par une telle tragédie, fière d’avoir renforcé leur confiance en elles, de donner de l’importance à leurs sentiments et à leur relation émotionnelle avec leurs enfants.
Même si nous travaillons à une tâche difficile, c’est gratifiant de fournir un soutien psychosocial professionnel, et très important de l’intégrer aux structures locales.

 

Vous serez de retour dans un mois en Espagne. Qu’est-ce que vous retenez de votre expérience à Tacloban?
Au niveau professionnel et personnel, j’ai appris à être plus forte et consciente de la façon dont les êtres humains sont capables de vivre dans des situations extrêmement difficiles. Les rescapés sont encore plein d’espoir. Nous avons pu observer les résultats de notre travail à court terme. Tout au long de l’année, le travail a été très intense et épuisant mais enrichissant.

Posté le 5 novembre 2014 dans Live, Philippines

Partager

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix − deux =

Back to Top