Retour sur nos interventions d’urgence au Soudan du Sud en 2015

Photo: Andrew Parsons, i-Images

Le conflit qui a éclaté en décembre 2013 au Soudan du Sud a entraîné le déplacement de plus de deux millions de personnes, dont 630 000 réfugiés dans les pays voisins, et continue à ravager le pays. Action contre la Faim intervient depuis plus de vingt ans auprès des populations vulnérables vivant dans ce qui est officiellement devenu le Soudan du Sud, le 9 juillet 2011. Ces populations font face à des taux élevés de malnutrition, à un manque d’eau potable et à une situation d’insécurité alimentaire chronique. 40% de la population, soit 4,6 millions de personnes, risquent à très court terme d’être touchées par une sévère pénurie alimentaire. On estime à un million le nombre de personnes qui vivent dans un état d’urgence proche de la famine.

En avril dernier, l’équipe d’urgence d’Action contre la Faim a été déployée dans l’Etat du Jonglei, l’un des plus touchés par les combats qui font rage au Soudan du Sud. Après une évaluation rapide des besoins, l’équipe d’ACF s’est rendue dans la ville isolée d’Old Fangak, dans le comté de Fangak, situé au Nord du Jonglei. Les violences dans les villes de Malakal et New Fangak ont poussé la population sur les routes. Face à un besoin urgent d’intensification des services en nutrition, ACF est intervenue en support de l’ONG sud-soudanaise Hold the Child.

Une fois arrivés à Old Fangak, nous avons rencontré les acteurs locaux, évalué l’accès aux zones d’intervention et effectué des dépistages des cas de malnutrition dans 14 villages autour de la ville, en commençant par les villages les plus reculés et les plus difficiles à atteindre. Dans les autres zones, Chotbora, Mulkic, Galam, Wangchot, Tegauth et Wangmok, nous avons constaté que parmi les 681 enfants de moins de 5 ans dépistés, 15.7% d’entre eux étaient en état de malnutrition aiguë ou d’émaciation. Cette situation soulignait clairement le besoin d’intensifier les traitements contre la malnutrition et d’augmenter les interventions portant sur les causes sous-jacentes de la malnutrition, comme les pratiques liées à l’hygiène.

Nous avons donc lancé une opération multisectorielle d’urgence afin de prendre en charge les personnes les plus vulnérables. Le périmètre géographique des activités en nutrition de l’ONG Hold The Child a été étendu aux villages identifiés comme ayant les besoins les plus importants.

Aujourd’hui, nous avons mis en place trois programmes thérapeutiques ambulatoires et traité des centaines d’enfants atteints de sous-nutrition. Des séances individuelles de conseils ont été réalisées auprès de 500 femmes enceintes ou allaitantes, et auprès des personnes s’occupant d’enfants âgés de 6 mois à deux ans.

En juin, des évaluations rapides ont été conduites à Toch, au sud-ouest d’Old Fangak, où il n’y a aucun programme lié à la nutrition. L’ONG Hold the Child va bientôt y ouvrir un programme thérapeutique ambulatoire, avec le soutien technique de nos équipes.

Plus récemment, un nouveau partenariat s’est mis en place à Keew Payam, dans une autre partie du comté de Fangak. Notre équipe d’urgence a été scindée en deux, et depuis le début du mois d’août, une équipe opère à Keew Payam pour travailler en partenariat avec l’organisation de santé Christian Mission Aid (CMA) sur le nombre important de cas de malnutrition aigüe. Nous prévoyons de venir en aide aux personnes déplacées qui arrivent de l’Etat d’Unity. Pour le seul mois de juillet, à Keew, nous avons dépisté plus de 585 enfants de moins de 5 ans, dont 124 étaient en état de malnutrition. Nous allons aussi fournir aux mères des kits d’hygiène, du savon et des moustiquaires. La distribution de semences, d’outils et de kits de pêche va permettre aux populations de renforcer leur capacité de résilience.

Posté le 24 septembre 2015 dans Live, Récit, Soudan du Sud, Vie de la mission

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