RRM : évaluer et apporter l’aide dans la première phase d’urgence

En République Centrafricaine, Action contre la Faim fait partie de plusieurs dispositifs collectifs d’intervention humanitaire, dont le RRM, Rapid Response Mechansim. Financé par Unicef avec des fonds provenant de bailleurs dont ECHO et OFDA, le RRM est un mécanisme mobile de réponse rapide qui s’adapte aux mouvements de population dans des zones très souvent inaccessibles, lors de déplacements qui font suite à des chocs : des conflits, des catastrophes naturelles, des aléas climatiques…
Le RRM comprend une phase d’évaluation et une phase d’assistance humanitaire sous la forme de distributions de biens de première nécessité.

Les cinq ONG partenaires disposent toutes d’une expertise reconnue dans un domaine de l’action d’urgence. Coordonnées depuis Bangui, la capitale, Action contre la Faim, Acted, DRC, PUI et Solidarités International travaillent en coopération afin de fournir une aide aux populations vulnérables à travers le pays.

A partir d’une alerte depuis un village, les équipes vérifient les informations à la source puis mènent des évaluations techniques dans la zone identifiée. Elles font ensuite un rapport sous 48h à la coordination humanitaire à Bangui qui analyse les besoins et recommande une intervention d’urgence ou de longue durée de l’une des ONG aptes à prendre en charge le nouveau programme. La plupart du temps, c’est une intervention ponctuelle d’urgence qui est déclenchée auprès de déplacés internes qui fuient les violences toujours en cours dans le pays. Des villages improvisés dans des zones reculées et difficiles d’accès sont coupés de toute infrastructure. Les ménages qui ont fui sont partis dans la précipitation, en n’emportant que ce qu’ils pouvaient porter.

Les interventions du RRM sont de deux sortes. L’une se fait en WASH d’urgence, c’est-à-dire en eau, hygiène et assainissement. Il peut s’agir de réhabilitation de puits de forages, et de construction de latrines d’urgence. Ces activités comprennent de la formation et de la promotion des pratiques d’hygiène.

L’autre est la distribution de kits NFI, en anglais non-food items, qui sont des biens de première nécessité non-alimentaire pour permettre aux ménages déplacés ou retournés de se reconstituer un petit abri, afin de vivre les premiers temps dans leur zone d’accueil.

Une équipe de travailleurs humanitaires d’Action contre la Faim de 30 personnes est intégrée au dispositif RRM en RCA. Céline Bracq a géré cette équipe d’intervention pendant 6 mois. Elle nous raconte ici une distribution dans l’Ouest du pays.

La spécificité du RRM c’est sa réactivité. Ça veut dire que l’on a tous les moyens pré-positionnés en avance, que ce soit les ressources humaines, les stocks ou les financements. Ça veut dire surtout avoir une bonne connaissance du contexte pour pouvoir avoir les informations sur les chocs et alertes qui nous remontent en temps les plus rapides possibles.

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Les kits NFI, biens de première nécessité non-alimentaire, sont constitués de seaux, moustiquaires, nattes et de bâches.

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Les distributions de kits durent une journée maximum : le RRM est là pour assister les gens dans la première phase d’urgence quand ils sont le plus vulnérables.

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Les populations déplacées font des mouvements pendulaires entre différentes zones en fonction des conditions de sécurité. Elles attendent de savoir si elles pourront rentrer chez elles.

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En 2014, 117 000 personnes ont reçu une assistance humanitaire d’urgence via le RMM grâce à nos équipes : Action contre la Faim fait partie des principaux acteurs de l’évaluation des besoins des populations les plus vulnérables en RCA.

Posté le 1 septembre 2015 dans Live, RCA, Récit, Vie de la mission

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Responses (2)

  1. Martial ASSINE
    30 septembre 2015 at 6:15 · Répondre

    Bonjour,
    Sans expérience solide, pas de possibilité de poste de responsabilité dans l’humanitaire, notamment à ACF – Centrafrique ; et sans responsabilité point d’expérience professionnelle; eh oui c’est le serpent qui mord sa queue. Comment ce départir de ce cercle infernal?

  2. Alan Beuret
    21 octobre 2015 at 2:30 · Répondre

    Bonjour,

    Intéressé par le RRM en RCA, je voulais avoir un peu plus d’information à son sujet.
    Est-ce que toutes les zones font l’objet d’une évaluations des besoins ou les requêtes sont-elles analysées et sélectionnées?
    Qu’en est-il de l’après? Existe-t-il un mécanisme de transmission des bénéficiaires vers des programmes plus durables, voir leur déplacement vers d’autres sites?
    Le financement de ce programme est collectif, comment les organisations en son sein se répartissent-elles les ressources et le travail?

    Merci beaucoup de votre temps,

    tout de bon,

    Alan

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