“Si je reste ici, je vais mourir”

Depuis le mois de février, Action contre la Faim travaille en collaboration avec l’ARRA (Administration for Refugee and Returnee Affairs) et le UNHCR dans la région de Gambella en Éthiopie afin de venir en aide aux réfugiés sud-soudanais dans les camps de Lietchor et de Pagaak. Action contre la Faim a lancé un projet de nutrition et pratique de soin à Pagaak et une réponse sanitaire d’urgence à Lietchor.

Sur place, nos équipes ont recueilli de nombreux témoignages qui permettent de mesure l’ampleur du drame qui se joue.

Nyarayo a 30 ans. Elle est assise sous une moustiquaire dans le centre de soin d’ACF, allaitant un nourrisson, lorsque nous la rencontrons.

 

“J’ai accouché de mon deuxième enfant ici il y a quelques heures. Mon autre enfant a trois ans. Je n’ai eu aucune aide lors de l’accouchement. J’ai accouché toute seule.

Je suis originaire de Malakal. Il m’a fallu marcher  pendant dix jours pour atteindre Pagaak. Je suis arrivé il y a trois jours.

Mon mari est encore au Soudan du sud. Il n’est pas  soldat, seulement un civil. Je ne sais pas s’il est mort ou vivant.

Parce que j’étais enceinte, ACF m’a donné des biscuits (biscuits à haute  valeur énergétique) . Quand je les ai mangés, je me suis sentie bien. Je pense que c’est la raison pour laquelle je sentais moins la douleur physique  lorsque j’ai accouché. Mais maintenant, j’ai besoin de plus de biscuits car je me sens faible. J’ai perdu beaucoup de sang lors de l’accouchement. Même maintenant, je saigne encore.

Je ne pense pas que je serai capable de me déplacer aujourd’hui. Toute ma famille est déjà allée au camp de Kule. Je suis la seule qui reste. Ils ne veulent pas me prendre avec eux parce que je viens d’accoucher et que je suis malade.

Si vous vous occupez du transfert des gens vers le camp, pouvez-vous vous occuper de moi? Parce que je veux partir.

Si je passe une semaine de plus ici, je ne pense pas que je vais survivre. Il n’y a pas de nourriture ou d’eau. Je recevais de  l’aide de ces personnes (en référence à un membre de la communauté d’accueil qui est entré dans la moustiquaire pour partager le « fao fao »’ / porridge ).

Si je reste ici, je vais mourir.

(Tout de suite après, l’intervieweur et des membres du département de santé mentale et de pratique de soin d’ACF sont allés chercher une assistance médicale pour Nyarayo à la clinique de MSF à Pagaak. Un médecin de MSF est venu avec eux rapidement avec du matériel médical afin d’examiner Nyarayo et son bébé avant de les amener à la clinique pour qu’ils soient soignés.”

Posté le 4 avril 2014 dans Ethiopie, Live, Témoignages

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Response (1)

  1. sow
    7 avril 2014 at 8:36 · Répondre

    Un témoignage pathétique, la femme a besoin d’aide,merci à ACF

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