Sierra Leone : apprendre à identifier la malnutrition

ACF en Sierra Leone contre la Malnutrition

« Être capable de transmettre des connaissances me rend très fièr », raconte Isa Kanu, bénévole depuis 10 ans en tant qu’agent de santé communautaire au Centre de santé provinciale de Lumpa, en Sierra Leone. Cet homme de 43 ans est bénévole depuis que son fils a pris le relais pour travailler à la ferme. Une ou deux fois par semaine, il rend visite à des familles pour discuter avec des mères d’enfants de moins de 5 ans de l’importance d’une alimentation appropriée.

« J’ai appris énormément et sais identifier la sous-nutrition chez les enfants. J’ai tout appris grâce aux équipes d’Action contre la Faim, qui soutiennent le Ministère de la santé et de l’hygiène par des programmes en nutrition », explique Isa.

Le jour où nous nous sommes rencontrés, Isa a proposé de nous emmener avec lui pour rendre visite aux familles. Après une demi-heure, il nous a montré l’une des maisons du village et nous a dit « Allons voir celle-ci, je pense qu’il y a un enfant à qui nous devons jeter un coup d’œil ».

Les bénévoles auprès des communautés fournissent un travail aussi essentiel que celui des médecins et des infirmiers dans le cadre des programmes de traitement, à travers la recherche et la détection de cas de sous-nutrition et la sensibilisation des populations.

Lorsque nous sommes entrés dans la maison, Isa s’est assis près de Fatmata et sa fille de 8 mois, Haja. Isa a parlé doucement à la mère, et a rapidement établi une relation de confiance avec elle avant de lui demander s’il pouvait examiner sa fille, afin de savoir si l’enfant avait besoin de se rendre au centre de nutrition. Après une mesure de la taille de son bras, Isa a diagnostiqué que l’enfant était dans un état de sous-nutrition aigüe sévère. Plus tard, au centre de santé, nous avons appris qu’elle pesait à peine plus de 5kg. Elle avait besoin de recevoir un traitement immédiatement. Pendant que la mère rassemblait ses affaires, Isa nous a expliqué : « C’est la raison pour laquelle je suis bénévole, je me rends compte à quel point c’est important que les parents entendent mon message. »

Haja et sa mère, Fatmata, viennent du Libéria. Fatmata avait essayé de faire examiner sa fille par un médecin là-bas, mais elle ne pouvait ni trouver ni payer un traitement dans son village natal. Elle a alors entendu parler, grâce à une connaissance, d’un camp de réfugiés en Sierra Leone où vivait un guérisseur qui connaissait les remèdes à toutes sortes de maladies.

Fatmata s’est lancée dans un long voyage à travers les frontières, les rivières et la jungle de Sierra Leone. Elle a parcouru 560km à pieds, à moto, par camions et minibus, avant d’atteindre le camp. En chemin, l’état d’Haja avait empiré à cause de la fatigue du voyage.

Isa Kanu a entendu parler de cette mère et de sa fille malade au camp, et a décidé de leur rendre visite. Au lieu d’aller voir le guérisseur traditionnel, il l’a convaincue d’inscrire sa fille pour un traitement contre la sous-nutrition. Fatmata a écouté Isa, et emmené sa fille au centre, où Haja a immédiatement été prise en charge. Là-bas, les équipes de santé lui ont donné un traitement thérapeutique. Haja s’est progressivement remise, et a pris du poids avant de reprendre la route pour son village natal au Libéria.

Crédit photo : Samuel Hauenstein Swan

Posté le 5 mai 2017 dans Sierra Leone, Témoignages

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