Urgence humanitaire : de la préparation à l’intervention

Sécheresses, inondations, crises alimentaires, conflits politiques… l’ONU estime que plus de 50 millions de personnes, dans le monde, auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Des premiers signaux d’alerte à l’envoi d’hommes et de matériels, comment Action contre la Faim prépare ses interventions d’urgence ?

 

Lors de la dernière décennie, les inondations ont augmenté de 34%, les sécheresses de 26%, les épidémies de 14%, etc. Les chiffres sont saisissants et les populations de plus en plus exposées aux aléas climatiques. En cas d’instabilité politique et/ou de conflits, tout est réuni pour que se déclare une crise d’envergure. Action contre la Faim met en place des systèmes de surveillance sur ses missions afin de prendre leur pouls et intervenir si besoin. Une urgence ne doit pas être réduite à un point de rupture, à une cassure dans le quotidien des populations. Une urgence peut aussi s’installer petit à petit. Par exemple, une sécheresse dégrade lentement les conditions de vie des populations et les soumet à une situation d’urgence quasi-permanente.

Dès les premiers signes, les équipes au siège et sur le terrain jugent de l’importance de l’urgence afin de déterminer la légitimité d’ACF à intervenir. Lorsque la décision est prise, ACF dépêche sa cellule d’urgentistes (des professionnels tous experts dans leur domaine – nutrition, logistique, eau, assainissement et hygiène…) et mobilisables en moins de 24h. Elle gère l’urgence dans sa globalité : évaluation des besoins, commande du matériel et des vivres, mise en place de programmes d’urgence…

Le but ? Répondre aux besoins immédiats et rétablir un accès aux services de base. Il ne faut que quelques heures pour que le mécanisme se mette en place. En effet, il faut pouvoir apporter de l’eau potable en moins de 72h, des latrines, de la nourriture, des abris… Les programmes précédant la catastrophe et développés par la mission continuent, voire renforcés, d’autres sont créés pour contenir la crise et faire en sorte d’en éviter une seconde, comme par exemple l’apparition d’épidémies ou de maladies, risque très élevé suite à des inondations.

La cellule d’urgence permet à la mission de continuer ses programmes tout en bénéficiant d’un soutien dans la gestion de la crise, comme si la mission se « dédoublait ». Toutefois, la réponse d’urgence a un effet limité dans le temps, il est par conséquent important de les coupler avec des programmes de réhabilitation. Ces derniers induisent notamment la reconstruction des infrastructures endommagées ou détruites, ou des activités de relance agricole ou économique afin que les populations puissent reprendre leurs activités normales ou se reconstituer un capital pour subvenir à leurs propres besoins.

En parallèle, les équipes au siège recrutent des professionnels afin qu’ils relaient la cellule d’urgence et continuent les programmes qu’ils ont amorcés, collectent des fonds pour intervenir au mieux, s’organisent pour envoyer le matériel… ACF n’est pas fataliste et intègre dans ses interventions classiques des programmes de résilience. Leur but est de renforcer les capacités des populations à faire face aux chocs. Les programmes de préparation aux risques de désastres ont pour objectif d’anticiper au maximum les effets dévastateurs d’une nouvelle catastrophe naturelle et préparer les populations à l’affronter. Ces programmes sont souvent développés avant, pendant et après une crise.

 

 

Par Julie Pappacéna – @Julie_Pappacena

Posté le 9 juillet 2013 dans Datas, Multimédias, Vie de la mission

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