«Vous ne pouvez-pas m’emmener avec vous ?»

Chaque année, Action contre la Faim met en avant un pays dit « oublié » dans le cadre de sa Course contre la faim (CCF) qui est un projet de sensibilisation auprès des élèves entre 11 et 17 ans. Cette année, les dons collectés iront au profit des programmes à Madagascar. La crise politique, qui a débuté en 2009, a eu un impact très sévère sur le développement socio-économique du pays. Afin de répondre aux besoins des familles les plus touchées par les problèmes structurels qui gangrènent Madagascar, ACF soutient notamment un Centre d’Accompagnement Social et d’Appui Nutritionnel (CASAN) pour prévenir de manière durable la malnutrition. C’est dans le cadre de la préparation de la CCF que Jean-Christophe Inglevert, Chargé de Projet Jeunesse, s’est rendu au CASAN, à Madagascar.

Chargé de Projet jeunesse pour les Académies d’Aix, Marseille et Nice

1/ Bonjour Jean Christophe, pouvez-vous nous expliquer en quoi consistait votre travail à Madagascar ?

Notre travail était différent de celui des équipes déjà sur place car nous n’étions pas là dans le cadre d’un mandat traditionnel d’ACF, mais pour réaliser le film de sensibilisation destiné aux élèves dans le cadre de la Course contre la Faim.

2/ Pouvez-vous nous parler un petit peu des programmes mis en place par ACF sur Tananarive ?

A Tananarive, ACF soutient le CASAN (Centre d’accompagnement social et d’appui nutritionnel) qui assure la prise en charge globale et la prévention de la malnutrition aigüe modérée (MAM) auprès des familles des quartiers défavorisés de la ville. Les équipes sur place soutiennent également un programme psycho-social pour la relation mère-enfant en organisant des ateliers de jeux, de démonstration culinaire, de bains… afin de renforcer le lien mère-enfant et sensibiliser à l’hygiène. ACF propose aussi de développer des activités génératrices de revenus pour venir en aide aux parents dont les enfants sont en état de malnutrition aigüe ou modérée.

3/ Qu’est-ce qui vous a le plus frappé lors de votre mission ?

La pauvreté extrême et structurelle de certains quartiers où vivent de trop nombreuses personnes.

4/ Quelles sont les problématiques du pays ? 

La pauvreté structurelle et la corruption. Il n’y a aucune structure et bien souvent, les travailleurs ne sont pas déclarés. Chacun survit comme il peut.

5/ Quelles sont les perspectives d’évolution, d’avenir pour le pays ?

Les instances internationales ne vont plus financer les élections à cause du climat de tensions qui y règne. Dans ce contexte d’instabilité politique, les choses évolueront difficilement. Et pourtant c’est une île qui dispose d’énormément de ressources naturelles.

6/ Quel a été le moment le plus marquant de votre mission ?

Le départ. Cela a été vraiment dur. Un des enfants a suivi la voiture. Il a couru pendant un moment. Il était super ému. Il nous  criait « vous ne pouvez-pas m’emmener avec vous ? »… C’était une image très forte.

Posté le 26 juillet 2013 dans Live, Madagascar, Témoignages

Partager

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-huit − 6 =

Back to Top