Yémen : traiter les enfants en situation d’urgence

Yemen en urgence

462 000 enfants souffrent de malnutrition aigüe sévère au Yémen où la guerre entre les Houthis et une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite dure depuis plus de 20 mois. Nos équipes sur place ont observé une aggravation dramatique de la situation nutritionnelle, notamment dans le gouvernorat d’Hodeidah où les cas de malnutrition aigüe sévère ont été multipliés par 4 depuis 2014.

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Bra et sa mère Saloua ont fui les combats qui font rage à Taïz depuis plusieurs mois. La fillette de 9 mois ne pèse que 4kg, le poids d’un nouveau-né. « Heureusement que mon oncle m’a parlé de cet endroit. Il y a amené sa fille il y a une semaine pour les mêmes raisons et elle va beaucoup mieux maintenant » murmure Saloua en caressant la main de sa fille.

« Chez nous il était très difficile de trouver de la nourriture et lorsqu’il y en avait nous ne pouvions que rarement nous l’offrir. Avec mon mari nous avons choisi de venir ici pour échapper aux frappes aériennes mais nous avons besoin d’aide »

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Abdul Malik a 8 mois, endormi sous une moustiquaire il pèse à peine 4,5 kg. A ses côtés sa mère explique « J’habite dans le village voisin, quand j’ai su que la clinique mobile venait ici j’ai décidé d’y amener mon enfant. Cela fait un moment que je pense qu’il est malade. Nous étions allés à l’hôpital de Hayis mais ils ne pouvaient pas le prendre en charge et ils m’ont conseillé de me rendre à la clinique mobile. »

Sur place les signes de malnutrition ont été confirmés par l’équipe mobile et mère et enfant sont désormais pris en charge au centre de stabilisation de Hayis.

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Hafida a 10 mois et pèse à peine 4,8kg. Ilham sa mère se confie « Il y a des jours où l’on mange, d’autres moins. J’essaie toujours de nourrir ma fille en premier, je lui donne du lait de chèvre et de la bouillie. Avec son père, l’essentiel de notre alimentation se résume à du pain, parfois du yoghourt et du riz ».

Dans ses bras, la petite Hafida regarde avec de grands yeux le médecin qui s’apprête à l’ausculter. « A cet âge, elle devrait peser 7kg », explique Ali Ibrahim Abdullah, infirmier pour Action contre la Faim.

« En plus d’être malnutrie, elle souffre également d’une otite et d’une infection des poumons. Son cas n’est pas rare, je vois de plus en plus d’enfants arriver avec des complications ».

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Sur les 30 consultations effectuées à la clinique mobile aujourd’hui, 12 cas nécessitent une prise en charge et vont être suivis par Action contre la Faim, un chiffre en nette augmentation par rapport à 2014.

« Lors de notre dernière consultation, 40% des enfants reçus en consultation dans notre clinique mobile ont été pris en charge. Souffrant de malnutrition aiguë sévère, ils présentent souvent des complications : malaria, pneumonie, et sont extrêmement affaiblis. Le traitement de la malnutrition doit être une absolue priorité sans quoi de nombreux enfants vont mourir », se désole Erin Hutchinson, Directeur Pays d’Action contre la Faim au Yémen.

Dans les centres de stabilisation mère et enfant sont pris en charge jusqu’à ce que l’état de l’enfant s’améliore. Le traitement se poursuit ensuite en soins ambulatoires en attendant le rétablissement complet.

Crédit photo : Florian Seriex

 

Posté le 6 février 2017 dans Live, Yémen

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